Peut-on porter un short au travail ?

Il est 13 heures. Il fait 35°C à l'ombre et vous baignez dans votre sueur au milieu de cette fournaise non climatisée qu'est votre open space. Demain, c'est décidé, vous oserez le short. Mais en avez-vous vraiment le droit ?
Alors, short ou pas short ?

Par Elyes Khouaja , 21 juillet 2016

En ces temps de canicule dans l'open space, vous êtes bien tenté d'enfiler un petit short light pour donner un peu d'air aux pilons pileux qui vous servent de jambes. Exit donc les jeans, chinos et pantalons trop corpo et "transpireux", place aux cyclistes, culottes courtes et autres bermudas... Mais halte là ! Il en pense quoi votre patron ?

Le port du short, une question d'image de marque

Et bien concrètement, cela dépend dudit patron. Selon un sondage réalisé par le site de recherche d'emploi Monster en 2012, 81% des salariés affirment ne pas se voir imposer de dress code au boulot. En l'occurrence, rares sont les entreprises à imposer le port du costume ou à réglementer la tenue vestimentaire sur le papier. Légalement, il n'y a d'ailleurs que trois cas de figures dans lesquelles une société peut restreindre la liberté vestimentaire de ses employés : la sécurité (pas de tatanes sur un chantier), l'hygiène (oubliez les shorts au bloc opératoire) et l'image de marque (vous vous êtes déjà vu proposer un prêt personnel par un banquier en slip-marcel ?).

Ce dernier critère a, justement, été invoqué en 2003 par la société Sagem pour justifier le licenciement d'un de ses techniciens. Ce dernier avait persisté, en temps de forte chaleur, à porter un bermuda sur son lieu de travail et ce malgré les avertissements répétés de ses supérieurs. Portant l'affaire aux prud'hommes, l'employé s'est vu débouté, la Cour de cassation estimant que le droit vestimentaire était, certes, "une liberté individuelle", mais ne constituait pas "une liberté fondamentale".

Friday wear et ambiances start-up

Mais plus encore que la législation ou les règlements intérieurs des établissements, c'est l'esprit de l'entreprise qui peut faire jurisprudence. Celui-ci définit, en quelque sorte, un comportement vestimentaire tacite entre les salariés. Comprenez : si dans votre open space, vous êtes le seul à débarquer en chemise hawaïenne, short et tongs, commencez à vous poser des questions ! De même, si vous êtes le seul employé en costard trop cintré dans une start-up bon enfant, il va falloir décompresser un peu.

En parlant de décompression, plusieurs sociétés en France ont commencé à adopter le modèle américain du Friday wear. Explication : tous les vendredis, après quatre jours ouvrés dans une tenue formelle, vous avez le droit de vous détendre un coup en venant au boulot en t-shirt,en short, ou en sandales s'il le faut. Bref, morale de l'histoire : faites comme vos collègues ou votre patron. Sinon, il y a les Assedic...

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