La mode éthique, c'est quoi au juste ?

Consommer responsable, c'est le nouveau cheval de bataille de plusieurs enseignes de mode. De mode éthique, plus précisément. Textile bio, labels environnementaux, produits issus du commerce équitable... Cézigue vous explique les rouages du prêt-à-porter écolo.
Le coton bio, un porte-étendard de la mode éthique.

Par Elyes Khouaja , 02 mars 2017

Comme tout produit de consommation, la mode est industrielle. Et comme toute industrie, celle de la mode n'est pas toujours forcément responsable. D'autant plus lorsque celle-ci s'implante à l'autre bout de la planète là où les droits les plus fondamentaux des travailleurs sont susceptibles d'être bafoués, tout comme le respect le plus élémentaire de l'environnement.

Heureusement, en mode aussi, consommer responsable, c'est possible. C'est le crédo de la mode éthique, un mouvement écolo qui pourrait être au prêt-à-porter ce que le bio ou le commerce équitable sont aux produits alimentaires : un gage de consommation respectueuse de la planète et de ses occupants.

Comment une marque devient éthique ?

Mais concrètement cela donne quoi ? Eh bien, pour qu'une enseigne de mode puisse être labélisée "éthique", elle doit remplir une ou plusieurs de ces conditions :

- utiliser des produits biologiques ou issus du commerce équitable ;
- participer à l'amélioration de la vie dans les régions où ses ateliers sont implantés ;
- consacrer une partie de ses gains à des ONG ou des oeuvres caritatives ;
- respecter le Droit du travail dans le pays où elle est installée ;
- respecter le règlement européen REACH sur l'enregistrement, l'évaluation, l'autorisation et les restrictions des substances chimiques ;
- respecter le bien-être animal.

Aujourd'hui plusieurs certifications et labels éthiques pullulent dans le microsome de la mode. Pêle-mêle : STC (Sustainable Textile Certification) pour les produits utilisant 100% de matière biologique certifiée, OEC (Organic Exchange Certification) qui permet la traçabilité d'un pourcentage de coton biologique certifié, GOTS (Global Organic Textile Standard) pour les cotons sans engrais ni pesticides, OEKO-TEX 100 qui garantit l'absence de formol, métaux lourds et colorants azoïques dangereux dans le textile ou encore le fameux ECO-LABEL de l'Union européenne décerné aux marques ayant rendu des services favorables à l'environnement.

Le coton biologique est cultivé avec du compost naturel.

Le coton biologique est cultivé avec du compost naturel.

Mode éthique ou stratégie marketing ?

Présenté comme cela, la mode éthique est, en somme, une bonne chose. Porter un chino – plus cher, certes – qui ne comporte aucune trace de pesticides et qui été cousu par un ouvrier majeur cotisant pour sa retraite, c'est tout à votre honneur. D'ailleurs, selon une étude réalisée en 2013 par le bureau Promise Consulting pour le compte du Forum mondial des droits de l'Homme, 62% des Français se disent préoccupés par l'origine et les conditions de fabrication de leurs vêtements, même s'ils sont peu nombreux à vouloir payer davantage pour s'habiller "bio".

Car oui, la mode éthique est plus coûteuse. L'investissement "social" de la marque, le salaire décent de ses ouvriers ainsi que leurs avantages sociaux, les frais de traçabilité des produits, et la toute la communication autour de leur eco-friendship se répercutent sur le montant final de l'article. Une hausse de prix plausible même si certains y voient surtout un opportunisme masqué. Ainsi, une étude "Mode et consommation responsable" réalisée fin 2008 par l'Institut français de la mode (IFM) révélait que 20% des Français se disaient sceptiques quant à la mode éthique, y voyant surtout une manoeuvre de greenwashing ou d'éco-blanchiment, une stratégie de marketing visant principalement à se donner une image écologique responsable sans réelles actions en faveur de l'environnement. Greenwashing ou non, le label "éthique" attire de plus en plus de marques de prêt-à-porter. Par intérêt ou par réel investissement écologique, à vous de trancher...

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