Dr. Martens, de chaussures orthopédiques à légendes du rock

Elles font aujourd'hui partie du panthéon du rock et du punk. Pourtant, à leurs prémices, les Dr. Martens n'étaient que de suimples chaussures orthopédiques. Récit de vie d'une légende !
Les Dr. Martens, une légende

Par Elyes Khouaja , 15 septembre 2016

Vous l'avez sans doute deviné : l'histoire des Dr. Martens commence avec un docteur. Märtens de son patronyme. Ancien médecin de l'armée allemande, Klaus Mätrens imagina en 1946 une paire de chaussures orthopédiques pour guérir une enquiquinante blessure à la jambe contractée au ski. Il conçoit alors, avec le concours d'un ami ingénieur, Herbert Funck, une chaussure à la semelle façonnée à partir d'un vieux pneu. Les Doc Martens voient alors le jour.

Doc Martens puis Dr. Martens

Féru d'inventions, Klaus apportera plus tard quelques ajustements à ses chaussures, notamment une paire de semelles à coussins d'air plus confortable qui fera la notoriété de sa création auprès des sexagénaires, des ouvriers en bâtiments et des dockers allemands.

La marque prend quelques grade en 1959 lorsqu'une enseigne de chaussures anglaise, R. Griggs Group Ltd. rachète la licence. Les Doc Martens deviennent alors - anglicisme oblige - les Dr. Martens et, le 1er avril 1960, la première gamme, intitulée sobrement "1.4.60", sort des usines britanniques. Le modèle, encore cultissime aujourd'hui, est reconnaissable à sa semelle Goodyear, ses coutures jaunes et à son étiquette noire greffée à l'arrière de la chaussure. Il équipera principalement forces de l'ordre et pompiers, parmi d'autres contractuels du service public. La Dr. Martens est, à cette époque, étiquetée "chaussure de sécurité".

De chaussures travail à étendard punk

De chaussures orthopédiques à bottes de travail, donc. Rien ne présageait un avenir particulièrement rayonnant pour la marque. Du moins pas un succès aussi dantesque. Celui-ci arrivera au début des années 1970, porté par une jeunesse rebelle aux désirs d'émancipation intellectuelle et vestimentaire affichées.

La Dr. Martens devient alors l'accessoire "réglementaire" des skinheads et autres punks, par opposition aux conventionnelles chaussures de ville. Elle trouve notamment un écho sur la scène musicale grâce aux Sex Pistols, The Who ou encore The Clash (parmi d'autres groupes rock contestataire britanniques notoires). La paire est également portée à l'écran aux pieds de l'inimitable Malcolm McDowell dans l'ultra-violent Orange mécanique de Stanley Kubrick, autre extravagance artistique de l'époque. Emblème de rébellion, icône du rock, mode d'expression... Il est loin le temps des banales chaussures orthopédiques. Aujourd'hui encore, la marque véhicule cette image de chaussure à part, dans le microsome mainstream de la mode. Un code inaliénable, gage de son succès auprès des plus jeunes.

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